mardi, octobre 16

Distinction honorifique : le prix Abel est décerné à un mathématicien canadien Robert Langlands

Robert Langlands reçoit le célèbre prix Abel de Norvège. À l’âge de 30 ans, le Canadien avait réussi ce que presque personne ne pensait possible : relier deux champs mathématiques éloignés. Il a combiné la théorie des nombres et l’analyse dite harmonique – pour laquelle le mathématicien Robert Langlands a reçu le prix Abel d’une valeur de plus de 600 000 euros. Le programme développé par le Canadien était « visionnaire », selon l’Académie norvégienne des sciences. Depuis 2003, l’Académie décerne le prix pour un travail exceptionnel dans le domaine des mathématiques.

Le Prix Abel est considéré comme l’un des prix scientifiques les plus importants au monde. Il est le plus comparable avec le prix Nobel, qui est décerné dans les catégories physique, chimie, médecine, économie et littérature. La Médaille Fields, qui est également très prestigieuse, n’est décernée que tous les quatre ans aux mathématiciens qui avaient moins de 40 ans l’année précédant le prix. Il n’y a pas de limite d’âge pour les prix Nobel et le prix Abel.

 

Ça a commencé par une lettre

Robert Langlands est né en 1936 à New Westminster près de Vancouver, au Canada. Sa carrière académique l’a conduit à l’Université de Yale et à l’Université de Princeton aux Etats-Unis. Le travail pour lequel Langlands a été attribué remonte à Janvier 1967, quand, à l’âge de 30 ans, il a écrit une lettre de 17 pages avec ses nouvelles idées au mathématicien français André Weil, alors âgé de 60 ans.

« Si vous lisez ceci comme une pure spéculation, je serais très satisfait, » dit-il. « Sinon, je suis sûr que vous avez une poubelle appropriée. »

Heureusement, la lettre ne s’est pas retrouvée à la poubelle. La lettre plutôt établi un nouveau type de mathématiques : Langlands postulé en elle des liens étroits entre deux domaines mathématiques qui ont été à peine considéré comme possible à l’époque : D’une part, il y a la théorie des nombres, qui traite des nombres entiers. D’autre part, la soi-disant analyse harmonique, qui peut être imaginée d’une manière très simplifiée comme l’étude des vagues périodiques.

 

Obituaire du génie iranien

Les idées de Langland étaient si « radicales et riches » qu’ils ont établi leur propre programme de recherche, le Langlands Programme, écrit l’Académie norvégienne des sciences. Des centaines des meilleurs mathématiciens du monde ont traité avec elle au cours des dernières décennies. « Aucun autre projet en mathématiques modernes n’est aussi vaste et n’a produit autant de résultats profonds. » C’est pourquoi on l’appelle aujourd’hui souvent la « Grande Théorie Unifiée des Mathématiques ».

 

Problème du siècle résolu

Les courbes elliptiques sont un exemple de la façon dont le programme Langlands combine la théorie des nombres et l’analyse harmonique. Derrière ces équations se trouvent des équations telles que y2 = x3 + ax + b, où les nombres réels a et b doivent remplir des conditions supplémentaires. Dans les années 1990, le mathématicien Andrew Wiles a utilisé des courbes elliptiques pour prouver le Grand Théorème de Fermat. Le savant français Pierre de Fermat l’avait déjà formulé au XVIIe siècle. Il dit que l’équation : a + bn = cn

n’a pas de solutions entières positives a, b, c, n si n est supérieur à deux. Beaucoup de mathématiciens avant Wiles avait essayé, mais le problème s’est avéré si délicat qu’ils ont tous échoué.

Le prix Abel sera décerné le 22 mai à Oslo. Langlands le recevra des mains du roi norvégien Harald V… En 2017, le prix a été décerné au Français Yves Meyer – pour avoir développé la théorie mathématique des ondelettes. Les lauréats précédents sont Andrew Wiles (2016), John Forbes Nash (2015) et Pierre Deligne (2013).